Le 26/09/2008

Les subventions des ministères

L’administration ne fait rien pour informer les citoyens des subventions qu’elle verse aux associations. Elle fait même tout le contraire. Le Jaune budgétaire, épais document dans lequel sont compilées toutes ces données, est dénué d’index, si bien qu’il faut le lire entièrement, chapitre après chapitre, pour avoir une information exhaustive. Il faut savoir, en outre, […]

L’ ne fait rien pour informer les citoyens des qu’elle verse aux associations. Elle fait même tout le contraire. Le Jaune budgétaire, épais document dans lequel sont compilées toutes ces données, est dénué d’index, si bien qu’il faut le lire entièrement, chapitre après chapitre, pour avoir une information exhaustive. Il faut savoir, en outre, que les associations (loi de 1901 ou syndicats) qui reçoivent des subventions publiques ne sont pas tenues de publier leurs comptes. L’opacité, ici, règne à tous les étages.

En 2008, la revue détaillée des subventions met en évidence nombre de curiosités caractérisant la gabegie du grand arrosage du monde associatif. Officiellement, les ministères attribuent les subventions selon des critères liés au bien commun, ou supposés tels, comme l’utilité publique, la promotion culturelle et sociale ou la solidarité nationale. En réalité, les motivations sont souvent beaucoup plus douteuses.

55 % des subventions pour 0,01 % des associations

Si nous ramenons, pour la seule année 2006, le montant perçu par ces 86 associations au montant global des subventions accordées, nous constatons que ce hit-parade de la générosité représente à lui seul 55 % de l’argent distribué ! Il convient également de comptabiliser le nombre de subventions présentes dans le Jaune budgétaire pour apprécier le poids relatif des champions de la . Compte tenu des subventions multiples accordées à certaines associations, les 8 000 subventions de 2006 se répartissent sur environ 6 000 associations. Sur ces 6 000 chanceuses, 1,43 % d’entre elles se répartissent la plus grosse part du gâteau. Sur les 800 000 associations que compte notre pays, 0,75 % d’entre elles seulement ont la chance de bénéficier d’une ou plusieurs subventions ! Au total, 0,01 % des associations françaises trustent près de 55 % de la manne ministérielle !

Les subventions aux associations, chasse gardée de l’administration

Il convient évidemment de s’interroger sur les raisons d’un tel déséquilibre, pour le moins suspect. Ceux qui pensaient que le dynamisme de la vie associative en France et la multiplication des initiatives locales

destinées à la solidarité, à l’insertion, à la culture ou encore aux loisirs, justifiaient les dépenses colossales engagées par les ministères en seront pour leurs frais : la réalité est bien différente. L’analyse détaillée du Jaune budgétaire met au grand jour un véritable détournement des finances publiques et démontre que derrière l’incohérence et le flou se cache une administration omnipotente et omniprésente.

Les cinq premières associations subventionnées, qui cumulent à elles seules 14,5 % du montant des subventions, sont des faux-nez de l’administration. Le système des subventions aux associations est détourné au profit de l’administration et de son autofinancement. En effet, les associations les plus généreusement dotées sont principalement des organismes créés à l’initiative du gouvernement, dirigés par des fonctionnaires ou sous tutelle administrative. Au prétexte de chercher des formules de gestion plus souples, l’État travestit ces nouvelles structures sous le label , ce qui complique encore le contrôle, par les citoyens français ou leurs représentants, de l’usage des fonds publics.

Les associations caméléons

Certaines associations se font une spécialité des sollicitations multiples. Ces associations caméléons font preuve d’une grande capacité d’adaptation pour obtenir d’un ou plusieurs ministères une kyrielle de subventions. Là encore, les faux-nez de l’administration ne sont pas en reste. C’est même parfois sous des dénominations différentes que les demandes sont effectuées ! Elles profitent ainsi de l’absence de coordination entre les différents ministères. À titre d’exemples, l’AFNOR (Association française de normalisation) et le FONJEP (Fonds de coopération de la jeunesse et de l’éducation populaire), deux faux- nez de l’administration, ont perçu en 2006 respectivement 13 et 8 subventions pour un montant de 19,5 et 16,6 millions d’euros : ce n’est pas mince en comparaison des 702 millions d’euros distribués au total au titre des subventions aux associations.

Publié par Rédaction le 26/09/08

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Par mose, le 24/10/2009

Vos informations sont intéressantes mais elles manquent de synthèse.
Sait-on quel est le montant annuel des subventions accordées par :
– l’Etat (ministères)
– les Conseils regionaux et généraux
– les communes?
Si vous avez cette info ou pouvez me dire où on peut la trouver, je serais preneur.
Merci d’avance

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