Le 20/11/2008

L’ Europe réaménage la PAC dans la douleur

Moins de subventions à la production, plus de projets environnementaux: l’Europe s’est mise d’accord aux forceps jeudi sur un réaménagement de sa Politique agricole commune (PAC), le premier en cinq ans, en attendant la grande bataille à venir sur son budget. « Cela n’a pas été facile« , a reconnu, les traits tirés, la commissaire européenne à […]

Moins de à la production, plus de : l’Europe s’est mise d’accord aux forceps jeudi sur un réaménagement de sa Politique agricole commune (PAC), le premier en cinq ans, en attendant la grande bataille à venir sur son .

« Cela n’a pas été facile« , a reconnu, les traits tirés, la commissaire européenne à l’Agriculture, Mariann Fischer Boel, au terme de 18 heures de négociations marathon pour aboutir à un compromis entre les 27 ministres de l’Agriculture réunis à Bruxelles.
« Nous serons assez bien équipés pour l’avenir » avec cette adaptation, a-t-elle jugé, en attendant les grandes tractations sur le budget de la PAC après 2013, qui représente à lui seul aujourd’hui 40% du budget de l’UE.

Le britannique, qui s’est opposé au compromis -sans pouvoir le bloquer- car il le juge trop timide, fourbit déjà ses armes dans cette perspective, avec l’objectif d’obtenir une réduction de l’enveloppe. « Il s’agit d’une occasion manquée pour introduire des réformes plus rapides concernant le budget de la PAC« , a estimé un de ses porte-parole.

Le réaménagement annoncé jeudi vise à amplifier le mouvement d’inspiration libérale lancé avec la réforme de 2003, qui avait rompu le lien entre montant des subventions et quantités produites.

Les prix et revenus agricoles seront globalement davantage liés à la de l’offre et de la demande, et moins aux subventions, même si l’objectif initial de la Commission européenne a dû être revu en baisse, et si la France a obtenu le maintien d’instruments de régulation des prix qui devaient disparaître.

Au programme: une réduction accrue des à la production agricole afin de pouvoir financer des projets de protection de l’environnement dans le monde rural (économies d’énergie, moindre utilisation de nitrates etc..) et de revitalisation des campagnes.
Pour la première fois, les très grandes exploitations verront leurs aides diminuer proportionnellement davantage que les petites.

Les allemands vont ainsi perdre 240 millions d’euros par an d’aides au total, a calculé jeudi la ministre allemande de l’Agriculture, Ilse Aigner. Berlin a du coup accepté le compromis du bout des lèvres.

Les négociations ont été aussi très difficiles sur les quotas laitiers, introduits en 1984 pour lutter contre la surproduction.
Certains pays comme l’Italie voulaient les supprimer tout de suite, face à la hausse de la demande mondiale, d’autres comme l’Allemagne voulaient les garder inchangés, redoutant que l’ouverture des vannes fasse chuter davantage les prix et mène certains éleveurs à la ruine.

Au final, les quotas vont être augmentés de 1% par an pendant cinq ans avant leur disparition, déjà acquise, en 2015. « C’est une approche prudente », a commenté le ministre français de l’Agriculture, Michel Barnier, dont le pays préside l’UE.

D’autant que les Etats qui le veulent pourront verser des subventions ciblées aux éleveurs dans les zones fragiles de montagne afin de les aider à faire face à l’ouverture des vannes de la production.

L’argument n’a pas réussi toutefois à apaiser les inquiétudes des producteurs de lait, tant en France ou en Allemagne, qui protestent depuis plusieurs mois contre la baisse de leurs prix.

Le principal agricole français, la FNSEA, a jugé « irresponsable » le relèvement des quotas qui risque d’amplifier le phénomène. « Que va-t-on dire aux producteurs alors que le prix du lait va baisser dans les prochains mois« , s’est interrogé son président, Jean-Michel Lemétayer.

La Fédération des producteurs de lait allemand (DBV) a parlé de son côté d’un « signal totalement erroné » envoyé au secteur.

Source: tv5.org

Publié par Rédaction le 20/11/08

Print Friendly, PDF & Email

Articles relatifs


  • Par Marlot, le 11/05/2014

    Les produits de qualité ne rentrant pas dans le système financier ne sont toujours pas pris en compte mieux que ça les normes pondues par des personnes totalement. Étrangères à la technique sans la moindre connaissance sans le moindre Respect de l.eleveur dans un anonymat le plus total qui leur est favorable

    Poster votre réaction

    Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

    Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.