Le 10/02/2009

Marseille : des subventions aux associations pour acheter la paix sociale

Marseille : « Les assos, c’est devenu politique ». Des subventions pour acheter la paix sociale, voire des bulletins de vote, dans les quartiers Nord ? Certains témoins dans des cités de quartiers Nord parlent de pratiques édifiantes dans le milieu associatif. C’est aujourd’hui le sentiment de plusieurs habitants, témoins des pratiques qui se font jour, selon […]

associations_ subventions_marseille_ quartiers nord_paix_sociale_miègeMarseille : « Les assos, c’est devenu  ». Des subventions pour acheter la , voire des bulletins de vote, dans les quartiers Nord ? Certains témoins dans des cités de quartiers Nord parlent de pratiques édifiantes dans le milieu associatif.

C’est aujourd’hui le sentiment de plusieurs habitants, témoins des pratiques qui se font jour, selon eux, depuis plusieurs années dans certaines cités. Ils ont tenu à garder l’anonymat, mais décrivent des situations parfois aberrantes .

« Les associations, c’est devenu politique. À leur tête, il y a des petits caïds, confie Samia (*). Ce sont des chefs de bande, parfois d’anciens dealers, qui reçoivent énormément d’argent et qui font ensuite pression sur les gens. Pendant les élections, ils sont dans les bureaux de vote. Si vous avez pris plusieurs bulletins, ils vont jusqu’à vérifier celui que vous avez jeté dans la poubelle de l’isoloir. Ils sont au moins deux ou trois dans chaque bureau. Les gens, ils n’ont plus le choix après ça. »

D’autres, comme Samir, parlent de faits tout aussi effarants. Comme ces prêches dans des mosquées, le vendredi : « La plupart des mosquées ont le statut d’associations et reçoivent de l’argent des institutions. Eh bien, dans certains prêches, au moment des élections, des imams n’hésitent pas à terminer en évoquant tel ou tel élu. C’est incroyable. »

Enfin, il y a les sommes d’argent parfois astronomiques, qui seraient versées, grâce à des systèmes connus de tous. Saïd a été sollicité par l’une de ses connaissances. Mais il a refusé : « J’avais une et j’attendais qu’on me subventionne. Quelqu’un m’a dit : ’Pourquoi tu ne fais pas une fausse facture comme tout le monde ?’ Je n’avais aucune envie de tomber là-dedans. Sauf que je n’ai rien eu. Pendant ce temps-là, j’entendais d’autres parler de dizaines de milliers d’euros distribués. On les connaît ceux qui profitent de tout ça, on a grandi avec eux. Il y en a même un qui avait un bar. Il a transformé les statuts, il est devenu associatif. Grâce à cela, il a reçu assez d’argent pour le rénover entièrement. »

(*) Les prénoms ont été changés.

Source : La Provence du 10 février 2009

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Publié par Rédaction le 10/02/09

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