Le 30/04/2009

Centres de rétention et subventions : La Cimade pleure misère

« Centres de rétention : la Cimade pleure misère » « Dans son numéro du 3 dé­cembre 2008, « Minute » dévoilait un rapport du sénateur UMP des Hau­tes-Alpes, Pierre Bernard­-Reymond, consacré à la commis­sion « Immigration , asile et intégra­tion », qui dépend du ministère de l’Intégration aujourd’hui dirigé par Eric Besson. Nous en profitions pour dénoncer […]

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« Dans son numéro du 3 dé­cembre 2008, « Minute » dévoilait un du sénateur UMP des Hau­tes-Alpes, , consacré à la commis­sion « Immigration , asile et intégra­tion », qui dépend du ministère de l’Intégration aujourd’hui dirigé par Eric Besson. Nous en profitions pour dénoncer « le fonds de commer­ce des associations humanitaires ».

La commission ministérielle bénéficie en effet d’un budget annuel de 513 millions, dont une partie est re­distribuée à des associations. Nous révélions alors que pour exercer une « mission d’aide à l’exercice des droits des étrangers» dans les 25 cen­tres de rétention que compte la France, la Cimade, unique presta­taire de services sur ce secteur, tou­chait une annuelle de cinq millions d’euros!

Pour mettre fin à ce monopole, le ministère de l’Intégration a lancé le 19 décembre 2008 un appel d’of­fres portant sur huit lots géographiques, afin d’attribuer sur des « critères objectifs [la] mission d’infor­mer les étrangers et de les aider à exer­cer leurs droits ». Six associations y
ont répondu : l’ (Association de service social familial ), , Forum Réfugiés, France Terre d’Asile, l’Ordre de Malte et bien évidemment le cham­pion en titre toutes catégories, la Ci­made, qui se présente comme un service oecuménique d’entraide.

Le 10 avril, Eric Besson a donné les résultats du concours : la Cima­de a obtenu trois lots, ses cinq con­currents se contentant d’un lot cha­cun. Bien que gagnante aux points, la Cimade a décidé de relever le gant et de saisir la justice pour faire invalider l’appel d’offres!

« Ce contentieux, a-t-elle expliqué, vise à annuler cette procédure d’appel d’offres qui ne peut que conduire à la quasi-impossibilité pour les étrangers d’exercer leurs droits en rétention, contrairement à ce que la loi prévoit. Le choix du recours à l’appel d’offres, à la mise en concurrence de prestataires de service pour assurer une mission de défense des droits de l’homme n’est pas neutre: au-delà de l’affaiblissement de la qualité de l’aide juridique apportée aux étrangers, de la disparition d’une vision et d’une analyse globale de la situation des centres de rétention administrative, les associations attri­butaires vont se trouver dans une com­plète dépendance vis-il-vis des pouvoirs publics. »

Ce que la Cimade ne dit pas, c’est qu’avec cette redistribution des cartes, elle perd gros. Le bud­get total annuel pour ce marché étant de 4,76 millions et la Cimade ayant obtenu trois lots (pour 11 centres de rétention), elle va tou­cher un peu plus de deux millions, soit une perte sèche de trois mil­lions … Un coup dur pour ses 120 militants-salariés. Mais au fait, ap­pel d’offres ou pas, en quoi a-t-on à financer des associations humani­taires pour veiller au respect des « droits» des étrangers en situation irrégulière en France? »

Pierre Tanger

Source : Minute du 22 avril 2009

Pour en savoir plus : Subventions publiques : La Cimade crie famine mais n’est pas prêteuse!

Publié par Observateur le 30/04/09

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