Le 10/04/2009

Julien Dray : les surprises des comptes de SOS Racisme

Chèques de donateurs de SOS-Racisme falsifiés, rapports litigieux, reconnaissance de dette… Dans l’affaire qui vise Julien Dray, les enquêteurs vont de découverte en découverte. Les sommes destinées à SOS-Racisme étaient manifestement redirigées vers une structure distincte (« Les parrains de SOS-Racisme »), à l’insu des donateurs. Les enquêteurs ont d’ailleurs récolté de très nombreux autres chèques maquillés […]

arte-association-associations-comptes-conseil-regional-d-Ile-de-France-elu-fidl-genevieve-de-kerautem-jacky-benazerah-julien-dray-les-parrains-de-sos-racisme-lyceens-montreuil-pierre-berge-robert-namias-socialiste-sos-racisme-subvention-subventions-syndicat-TracfinChèques de donateurs de SOS-Racisme falsifiés, rapports litigieux, reconnaissance de dette… Dans l’affaire qui vise Julien Dray, les enquêteurs vont de découverte en découverte.

Les sommes destinées à SOS-Racisme étaient manifestement redirigées vers une structure distincte (« Les parrains de SOS-Racisme »), à l’insu des donateurs. Les enquêteurs ont d’ailleurs récolté de très nombreux autres chèques maquillés de la sorte. Une façon de contourner le contrôle de la Cour des sur SOS-Racisme, destinataire de fonds publics?

À SOS-Racisme, on affirme par ailleurs que des passerelles ont de tout temps existé entre l’ mère et celle des Parrains, notamment pour assurer le paiement des factures dans le laps de temps s’écoulant entre le moment où les subventions publiques sont votées et celui où elles sont versées : où l’on voit où conduit la politique de subventions publiques aux associations… «Bien des associations fonctionnent ainsi», estime Jacky Benazerah, avocat de l’association : de tels propos ne sont pas faits pour nous rassurer…

Un décryptage des comptes

L’enquête sur «l’affaire Julien Dray» est concentrée depuis plusieurs semaines dans le décryptage des comptes des associations citées dans le dossier, notamment celle des «Parrains de SOS-Racisme». Les policiers de la brigade financière ont ainsi entendu à la fin du mois dernier les plus généreux donateurs de cette association créée en 1984 et présidée par Pierre Bergé.

Des donateurs et prestataires de l’association «historique» SOS-Racisme se sont étonnés, durant leurs auditions récentes, d’une confusion entretenue entre les comptes de la maison mère «SOS-Racisme» et celle, plus récente, des «Parrains de SOS-Racisme».

Les services comptables de la chaîne de télévision (qui vit de l’argent public, faut-il le rappeler ?), intervenue dans la retransmission audiovisuelle de l’un des concerts organisés par SOS-Racisme au Zénith, ont ainsi adressé un chèque de 35 000 euros aux Parrains en novembre 2007. Un représentant de la chaîne, interrogé par les enquêteurs, a d’ailleurs admis avoir reçu une facture à l’entête des Parrains. Parrains dont le concert ne faisait pas mention.

La brigade financière a entendu comme témoin l’ancien directeur de l’information de TF1, Robert Namias. Le journaliste a eu la surprise de découvrir de la bouche des enquêteurs qu’un chèque de 300 euros qu’il avait libellé au nom de SOS-Racisme à l’issue du dîner de soutien de l’association s’était vu rajouter grossièrement la mention «les Parrains de»…

Fidl : un rapport troublant

Le jour de l’audition de ­Robert Namias, un autre élément troublant est venu alimenter le dossier. La brigade financière, agissant en enquête préliminaire, perquisitionne au bureau d’une chargée de mission du conseil régional d’Ile-de-France. Les policiers visent non pas celui de Julien Dray, vice-président du conseil, mais celui de Geneviève de Kerautem, 31 ans, ancienne élue de Montreuil (Seine-Saint-Denis), placée en garde à vue.

Les enquêteurs ont observé que le lycéen Fidl, proche de « Juju », avait commandé à la jeune femme un rapport sur l’avenir des mouvements lycéens et étudiants. Sur les 9000 euros promis pour ce travail, elle en aurait perçu 6 000 à titre d’acompte. Or ses comptes personnels laissent justement apparaître un versement de 6000 euros à Dray.

L’avocat de ­Geneviève de Kerautem, Me Thibaud Cotta, assure qu’il s’agit de deux événements distincts. « Ma cliente a consenti à Julien Dray un prêt sans intérêt à titre amical, qui a été récemment remboursé », explique-t-il.

Quant au rapport, « il n’a rien d’un travail fictif, puisqu’il doit être rendu à la mi-mai et que des parties entières ont déjà été rédigées ». La chronologie suffit cependant à alimenter le soupçon : la lettre de mission de la jeune femme a été signée en décembre 2008, au lendemain de l’ouverture des investigations sur les comptes de Julien Dray, comme si l’on avait cherché un habillage juridique au versement.

Manipulations financières litigieuses ou arrangements imprudents de la comptabilité ? La police cherche toujours à décrypter les mouvements de fonds. Dans ses constatations initiales, , la cellule antiblanchiment du ministère de l’Économie et des Finances, soupçonnait une structure à trois étages : des flux financiers allant des Parrains de SOS Racisme à deux proches du député et ensuite à Julien Dray.

«Pas un seul euro n’est sorti de l’association des Parrains de SOS-Racisme pour aller dans la poche de Julien Dray», a rétorqué Pierre Bergé lors de la soirée annuelle de l’association, en février dernier.

Source : lefigaro.fr et L’Express du 09 avril 2009

Pour aller plus loin :
Le cas Julien Dray : le danger des subventions aux associations

SOS Racisme financé par les fonds secrets

Julien Dray, apparat-chic

Les faramineuses dépenses de Julien Dray

Publié par Observateur le 10/04/09

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