Le 15/05/2009

A Marseille, on achète les votes des cités à coup de subventions aux associations (2)

Marseille. Des subventions du conseil régional PACA ont été détournées vers des associations bidons. Nous avons déjà traité de cette affaire à plusieurs reprises : voir notre rubrique Marseille. Article extrait de l’hebdomadaire Le Point (14.05.09) A Marseille, on achète les votes des cités à coup de subventions aux associations (1) (•••) Créées par un […]

Marseille. Des du conseil régional PACA ont été détournées vers des associations bidons. Nous avons déjà traité de cette affaire à plusieurs reprises : voir notre rubrique Marseille.

Article extrait de l’hebdomadaire Le Point (14.05.09)

A Marseille, on achète les votes des cités à coup de subventions aux associations (1)

(•••) Créées par un petit groupe d’individus influents dans les cités, toutes ont été subventionnées par la région au titre de la «» sans que jamais personne ne véri­fie l’usage des fonds. Résultat : loin d’avoir servi à des actions d’inser­tion, ces sommes ont été détour­nées et leur trace se perd dans un labyrinthe de retraits d’espèces, de fausses factures et de dépenses personnelles -des ordinateurs jusqu’aux voitures de luxe. aides-publiques-association-associations-clientelisme-conseil-regional-Paca-detournement-de-fonds-publics-elections-Franck-Landou-juge-Marseille-Michel-Vauzelle-parti-socialiste-provence-alpes-cote-dazur-ps-quartiers-Nord-roland-balalas-secretaire-general-socialiste-subvention-subventions-sylvie-andrieux-votes-benyoub-same-cedric-doco-cites-Font-Vert-Pican-Guillaume-La­lange-jean-claude-gaudin-Philippe-Sanmarco-politique-de-la-ville

«Aucune de ces associations n’a jamais effectué la moindre action conforme à ses statuts», a ainsi avoué l’un des piliers de ce réseau, Cédric
Doco, commercial baratineur qui utilisait l’argent alloué pour ache­ter des machines (une pompe à carrelage et une pompe à béton, pour plus de 100000 euros) pour sa propre SARL de construction.

« Tiroir-caisse»

Un autre a acheté des réfrigérateurs et des cuisinières pour le snack-bar fami­lial. Avec les subventions, certains ont aussi acheté des Mercedes! Sur les formulaires de demande, pa­rents, voisins et copains de boîte de nuit étaient désignés comme autant de présidents et trésoriers fictifs. «Les gens que je démarchais ne voyaient qu’une chose, a confié Cédric Doco : le gain final grâce à l’argent du conseil régional.»

Animateur de plusieurs associa­tions fantômes, Benyoub Same a précisé les termes de l’échange : « En contrepartie des subventions, je m’étais engagé auprès de Rolland [Balalas] à être disponible lors des élections sur le secteur: cela signifiait amener des gens aux meetings de Sylvie [Andrieux], faire de la propagande pour elle, ce genre de trucs.»

Président d’une ra­dio communautaire appréciée dans ces quartiers, Same aurait été re­cruté par Balalas pour soutenir l’élue après avoir fait campagne… pour la droite. «C’est quelqu’un qui avait foutu le bordel contre elle en 2001 dans son quartier de , a expliqué ce der­nier; Sylvie Andrieux préférait l’avoir avec plutôt que contre. La contrepartie de ce retournement était de lui verser les subventions qu’il demandait par le biais des associations.»

Dans sa dernière audition par le , le 13 février, Balalas s’est montré encore plus explicite: «Same était très introduit auprès de Sylvie Andrieux. C’était quelqu’un qui, par ses réseaux, était capable de convaincre des gens de voter pour elle. Au moment des élections, elle le voyait presque tous les jours. Il s’est beau­coup investi pour la dernière campa­gne des législatives, en 2007, et aussi pour la présidentielle. Tous ces gens­-là font les campagnes à chaque grand moment politique où il faut faire venir du monde.»

Des « rabatteurs »

Pour attirer de nouveaux sym­pathisants, Same, Doco et leurs homologues faisaient miroiter emplois et fa­veurs diverses du conseil régional, voire l’assurance de pouvoir disposer un jour de sa propre «J’ai tellement promis de trucs pendant la campa­gne que je ne me souviens plus à qui j’ai dit ça», a lâché, cynique, l’un de ces «rabatteurs ». Le pire est que, de toute évidence, l’exis­tence de ces « réseaux d’influence» (l’expres­sion est de Balalas) ali­mentés sur fonds pu­blics relevait du secret de Polichinelle. Durant la campagne munici­pale de 2007, , ancien député socialiste rallié à Jean-Claude Gaudin, avait dénoncé à voix haute ces pratiques, qui transformaient selon lui la collec­tivité régionale en« tiroir-caisse» et résumaient l’engagement politique à une «distribution de prebendes».

Placé en garde à vue le 19 février, le directeur de l’aménagement au conseil régional, Guillaume La­lange, l’a confirmé :« Les subventions octroyées aux associations des quar­tiers Nord font partie d’un système électoraliste.» Le haut fonctionnaire a ajouté avoir «remué ciel et terre» pour imposer des critères précis aux attributions de subventions, mais en vain. «Ma hiérarchie m’a expliqué que la situation existante convenait à Mme Andrieux, a-t-il précisé. Elle voulait que cette ligne n’ait pas de critères pour faire passer les dossiers de sa circonscription. Tout le monde le savait.» Lire la suite

Source : Le Point du 14 mai 2009

Publié par Observateur le 15/05/09

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