Le 27/05/2009

Fret SNCF : de nouvelles subventions seraient indécentes

Depuis 10 ans, la moyenne des pertes annuelles de la branche Fret SNCF est de 300 millions d’euros par an, soit 30 % de son chiffre d’affaires, ou une perte de 43.000 € par an pour chacun des 7.000 salariés. Malgré plusieurs plans de relance et aucune amélioration, la SNCF s’apprête à lancer un nouvel […]

Depuis 10 ans, la moyenne des pertes annuelles de la branche Fret SNCF est de 300 millions d’euros par an, soit 30 % de son chiffre d’affaires, ou une perte de 43.000 € par an pour chacun des 7.000 salariés. Malgré plusieurs plans de relance et aucune amélioration, la SNCF s’apprête à lancer un nouvel appel de fonds publics pour tenter de sauver sa branche Fret. fret-sncf-guillaume-pepy-pierre-blayau-sncf-subvention-subventions-argent-public-contribuables-ouverture-a-la-concurrence-logistique-ferroviaire-syndicats-union-europeenne-greve-statut-derogatoire-reforme-cheminots-regime-special-transport-ferroviaire

L’audit commandé par la direction prévoit un doublement des pertes pour 2009 à 600 millions d’euros
et révèle que certaines activités ne seront jamais concurrentielles : l’activité wagons isolés qui représente 40% du chiffre d’affaires mais 70% des pertes. D’où la proposition du directeur de la branche logistique, Pierre Blayau : soit on abandonne, soit ou subventionne.

Cette dernière solution est inenvisageable et ce pour plusieurs raisons :

– Ces subventions viendraient s’ajouter aux plans précédents en 2004 et 2007 qui ont coûté 800 millions d’euros aux contribuables sans qu’aucune des réformes annoncées qui devaient sauver le fret de sa perte n’ait été véritablement menée à terme.

– Ces plans ont été soumis à Bruxelles et acceptés en contrepartie de l’engagement de l’Etat français que ces plans fussent les derniers afin de ne pas faire obstacle à l’ouverture à la concurrence dans ce secteur qui s’est opérée dès 2003 (pour l’international) et en 2006 (pour le transport national). C’est ce mouvement d’ouverture qui a permis d’identifier clairement les surcoûts de Fret SNCF.

– Enfin, dès son arrivée à la tête de la SNCF, Guillaume Pépy avait reçu un mandat clair pour hisser la SNCF parmi les acteurs majeurs de la logistique en Europe. Il s’était attaqué à la situation désastreuse de Fret SNCF en proposant une nouvelle organisation du travail sur la base du volontariat. Mais dans un contexte de surenchère électorale à la veille d’élections professionnelles décisives, les syndicats avaient enchaîné les mouvements de grève pour s’opposer à ce statut dérogatoire proposé pourtant à seulement 900 conducteurs volontaires. Dans cette affaire, la direction avait d’ailleurs été lâchée par les pouvoirs publics qui l’avaient incité à retirer le projet de réforme.

Aujourd’hui, si Fret SNCF n’est pas concurrentiel face aux principaux opérateurs, c’est avant tout en raison du statut et du régime social des : le fameux règlement RH0077 qui prévoit des horaires de travail de 25 heures par semaine pour les agents du fret et le régime spécial de retraite des cheminots, réformé à la marge, et pour lequel l’employeur SNCF doit cotiser le double par rapport au privé, sans compter les 2,8 milliards d’euros de annuelle au régime de retraite, à la charge de la collectivité.

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La suite sur le site de l’ iFRAP, Institut Français pour la Recherche sur les Administrations et les Politiques Publiques.

Pour aller plus loin :

Fret : la France se saborde

Le dossier SNCF du Cri du Contribuable n° 64

Publié par Observateur le 27/05/09

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