Le 05/09/2010

Les fonctionnaires gagnent, le privé perd

Par Nicolas Lecaussin, IREF, Institut de recherches économiques et fiscales. La crise n’a pas fait que des victimes. En France ou ailleurs, les employés du secteur public n’ont pas souffert à cause de la récession. Au contraire. Les dernières études Eurostat (institut de statistiques européennes) montrent que pendant la crise la part des revenus publics […]

irefPar Nicolas Lecaussin, IREF, Institut de recherches économiques et fiscales.

La crise n’a pas fait que des victimes. En France ou ailleurs, les employés du n’ont pas souffert à cause de la récession.

Au contraire. Les dernières études Eurostat (institut de statistiques européennes) montrent que pendant la crise la part des revenus publics dans les dépenses de l’Etat n’a cessé de croître et que les employés du secteur ont même connu une augmentation de leurs rémunérations.

En 2009, les revenus du secteur public représentaient en moyenne 11.7  % du PIB dans la zone euro et 11.9 % dans l’Europe des 27. Quatre pays font la course en tête : le Danemark (19.3 %), la Suède (15.4 %), la Finlande (14.9 %) et la France (13.2 %). A titre de comparaison, l’Allemagne se situe bien derrière avec des rémunérations publiques qui ne représentent que 7.3 % du PIB.

Mais la France est championne toutes catégories pour ce qui est des dépenses sociales : 26.2 % du PIB contre 18.8 % pour le Danemark (19.5 % pour l’Europe de 27). Le modèle social français est bien basé sur l’assistanat…

L’écart entre les secteurs public et privé s’est encore creusé. En France, les salaires du public ont augmenté de plus de 2 % en 2009, en pleine crise, alors que ceux du privé ont baissé.

En moyenne, un salarié du public gagne environ 2 900 euros de plus par an qu’un salarié du privé. Dans d’autres pays, les différences sont encore plus grandes. En Roumanie, le d’un employé public  l’année passée était 132 % plus élevé que celui d’un employé du privé.

Même aux Etats-Unis, les différences sont saisissantes. En 2009, les salaires dans le secteur privé ont chuté de 6 % tandis que ceux du secteur public ont augmenté de 2.6 %. Aujourd’hui, après la crise, les salariés de l’Etat américain gagnent 22 % de plus par heure. Et depuis décembre 2007, si le secteur privé a perdu 7.8 millions d’emplois, le public a gagné 64.000 emplois nets.

La crise n’a pas eu les mêmes conséquences pour tout le monde et  la hausse des dépenses publiques  ne remettra pas l’économie sur de bons rails.

Nicolas Lecaussin
IREF

Publié par Observateur le 5/09/10

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