Le 21/03/2012

La cathédrale de Jean Linard fait polémique

A la suite du décès de l’artiste berrichon, Jean Linard en 2010, sa veuve et sa fille ont cherché à vendre sa « cathédrale » en céramique pour 800 000 €. Mais les avantages du classement aux monuments historiques (aux frais du contribuable) semblent plus intéressants… L’Association des Contribuables Berrichons nous relate les faits. Tout commence avec le […]

A la suite du décès de l’artiste berrichon, Jean Linard en 2010, sa veuve et sa fille ont cherché à vendre sa « cathédrale » en céramique pour 800 000 €.

Mais les avantages du classement aux monuments historiques (aux frais du contribuable) semblent plus intéressants…

L’ nous relate les faits.

Tout commence avec le décès d’un artiste original du nom de Jean Linard. Ce dernier a construit dans sa propriété du Cher ce qu’il considérait comme une «Cathédrale» dédiée à toutes les religions.

La veuve Linard considère que l’œuvre a son prix et entend vendre la « Cathédrale Jean Linard » au prix de 800 000 €. Difficile de trouver acquéreur à un tel tarif…

La veuve et sa fille, bien implantées dans la vie locale et notamment en politique, ne vont donc pas persister longtemps dans ce projet de cession. Elles vont prendre le parti de mobiliser leurs réseaux sur la tonalité du chef d’œuvre en péril.

A travers cette affaire, nous ne ferons que constater le pouvoir des réseaux d’influence sur le monde des médias et de la politique.

La stratégie des Linard est formidablement structurée. En premier lieu, un véritable plan média est lancé avec l’aide des amis de la presse régionale de gauche. Il s’agit ensuite de faire parler de soi dans L’Humanité et dans Libération en y publiant  la pétition de riches artistes, conservateurs de musées, directeurs de galerie de Paris, Amsterdam, Montréal, Londres, mais aussi de Californie.

Enfin vient le soutien des politiques et d’abord celui du très chic candidat Front de Gauche aux affections assez peu prolétariennes.

Tout ce petit monde de bobos, au nom de l’art brut, de la lutte des classes et du bon goût, enjoint le ministre de la culture de verser une subvention d’urgence, pour la remise en état de la propriété, puis de procéder au classement des assemblages en céramique de la magique « cathédrale ».

Magique elle le serait assurément si elle avait le pouvoir de siphonner les billets de nos poches tout en permettant à la famille Linard de profiter de son héritage sans avoir à le vendre comme y serait contraint le premier pékin venu.

Cependant, les circonstances ne semblent pas favorables à la satisfaction des prétentions des Linard. Dans un contexte de crise aiguë des finances publiques, le bon sens et la foi en un Etat garant de la protection de l’intérêt général, devrait rassurer les assujettis aux prélèvements obligatoires que nous sommes.

D’ailleurs un classement aux seules fins de servir l’intérêt particulier de la famille Linard ne devrait pas s’imposer puisque les protecteurs de la païenne « Cathédrale », directeurs de galeries et conservateurs de musées, ont largement les moyens d’entretenir l’œuvre pour une somme de 800 000 € voire bien plus.

Mais les contribuables berrichons vont vite déchanter.

D’abord les bobos pétitionnaires s’affirment tellement convaincus de la rentabilité du projet de classement qu’ils n’y consacreront pas un sou. Il semble être du dernier chic pour cet artistique aréopage de vouloir faire payer leurs goûts par les frustres contribuables que nous sommes, ceci avec l’onction de la gauche de la gauche.

Puis Frédéric Mitterrand, ministre de la culture, accompagné d’Yves Fromion, député UMP du Cher, sont venus faire ce qu’il convient d’appeler un pèlerinage à la « Cathédrale » le 12 mars. Le ministre de la culture n’apprécie d’ailleurs pas que l’on mette des guillemets à cette cathédrale, il le dit sur le journal régional de France 3 et se prétend, tel son oncle, inspiré par les forces de l’esprit qui l’entourent en ce lieu.

L’essai est décidément transformé, l’inscription de la chose aux Monuments historiques semble acquise par la volonté du bobo ministre.

Comme il le dit: «Ce lieu est extraordinaire. Il faut le protéger sans pénaliser la famille… Il est vrai qu’une inscription entraîne des obligations mais aussi des avantages indiscutables. L’inscription c’est la reconnaissance de la valeur du site et la certitude d’avoir des aides aux travaux. »

Si tout se terminait ainsi il faudrait donc bien jeter au feu nos cours d’éducation civique sur la finalité de l’Etat. Sera-t-il donc dit que la contribution publique a pour objet non l’intérêt général, mais le financement des intérêts privés des amis ?

Il appartient donc à l’ensemble des contribuables de se mobiliser pour dire au ministre ce que nous en pensons et pour cela n’hésitez pas à vous manifester auprès des contribuables berrichons pour les soutenir dans leur campagne de protestation.

Association des Contribuables Berrichons

L’Association des Contribuables Berrichons (ACB) est basée à Aubigny-sur-Nère dans le Cher (18). Son but : veiller à la bonne gestion des fonds publics, vérifier son bon usage et dénoncer toute mauvaise utilisation des deniers du contribuable.

 

 

Publié par Rédaction le 21/03/12

Print Friendly, PDF & Email

Articles relatifs


Par mignot, le 22/03/2012

Je n’ai jamais apprécié d’imposer l’art qui peu etre très discutable et ne sert qu’a subventionner le plus souvent les amis des amis…

Par muller, le 22/03/2012

une inscription aux monuments historiques ne doit avoir qu’une finalite ‘conserver entrenir voir renover une oeuvre , et non enrichir les proprietaires ou successeurs sur le dos de l’etat c’est a dire nous tous

Par Pascal, le 22/03/2012

Entièrement d’accord pour dénoncer cette arnaque, très représentative du (dys)fonctionnement de nos institutions.Mais il faut aller plus loin : c’est l’existence même du Ministère de la culture qui est à remettre en cause. Ceci bien sûr au sens français, (ou soviétique, c’est pareil), du mot : il ne s’agit pas d’une Direction du Patrimoine ou autre Service National des musées, que certains pays parent du titre ronflant de Ministère : ceux-là sont sans danger, voire nécessaires, il faut bien garder en état ce dont on a hérité. Il s’agit du machin qui prétend susciter la création, (comme si c’était possible !), réduit l’art à une chasse aux subventions, et décide des valeurs à la place du public, forçant le contribuable à payer avec ses impôts des merdes qu’il n’aurait jamais voulu acheter en direct. Mais l’existence de ce ministère n’est pas seulement un gouffre budgétaire néfaste ; c’est aussi, c’est surtout, un attentat permanent contre la liberté.Pendant longtemps, la culture d’Etat n’a été que la cerise sur le gâteau du pouvoir. Elle venait par surcroît : quand tout le reste était contrôlé, la Culture finissait par l’être aussi, ne serait-ce que parce que les courtisans y sont nombreux.Mais aujourd’hui,le Ministère de la Culture n’est pas que l’outil final des dictatures installées. C’est désormais un instrument de conquête, celui des premiers combats, le cheval de Troie. Fini le nerf de boeuf. Plus besoin de faire peur dans la rue, il est bien mieux de sélectionner financièrement et médiatiquement qui a le droit de s’exprimer ou non, qui gagnera sa vie dans l’Art et qui devra se résigner à n’avoir que violon d’Ingres, quels mots et quelles idées sont licites et quels ne le sont pas. La Culture alors meurt à petit feu, et avec elle la liberté, dont elle est à la fois effet et source. Nous y sommes.

Par dan, le 23/03/2012

Il y a tant de VRAIS monuments en France que l’on pourrait entretenir plutôt que ce genre de « machin » bizarre.

Par Ange Paoli, le 23/03/2012

Je suis bien d’accord avec Pascal, le financement de cette grosse m… que certains comparent avec le Mandorom, sur fond de culte chamanique local montre bien que le ministère de la culture n’est qu’un club fermé bénéficiant d’un budget pour les amis. Dans cet affaire les amis dévoilent leur vrai visage, cela vaut le coup de se renseigner un peu sur les contacts des Linard et leurs réseaux au conseil général du Cher (vivre autrement, théâtre du vivant).

Par Xavier Collet, le 28/03/2012

On ne laissera pas passez en tout cas.

Par Xavier Collet, le 22/08/2012

Mauvaise nouvelle, cette horreur est devenue monument historique !!!
On cauchemarde.

La DRAC centre et le Conseil général du Cher subventionnent l’association montée par la fille Linard. L’argent des contribuables va donc financer les « amis bobos ».

On ne peut pas laisser passer cela.

Poster votre réaction

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.