Le 10/01/2013

Comment la CGT a coulé le port de Marseille

Marseille, son soleil, son apéritif anisé et…ses cégétistes. Tenu d’une main de fer par les dockers de la CGT, le grand port de Marseille est un des hauts lieux symboliques du déclin marseillais.

Extrait du Dossier du contribuable n°10 Enquête sur la CGT (68 pages). A commander en ligne pour 3,5 euros seulement !

Comment la CGT a coulé le port de MarseilleAu moment de la réforme des retraites, en 2008, la CGT, qui fait la loi sur le site, veut imposer la prise en compte de la pénibilité dans le départ anticipé à la retraite de certaines catégories de travailleurs portuaires. Elle trouve, en imposant 90 jours de grève, un écho retentissant. Le port est paralysé. Les dockers sont vent debout contre la réforme, veulent coûte que coûte faire reconnaître la pénibilité de leur métier.

Quelques chiffres, édifiants, la contestent pourtant formellement. Pour un grutier ou un manutentionnaire du port de Marseille, le temps de travail hebdomadaire est arrêté à 12 heures : trois heures par jour de travail effectif… Le salaire mensuel, en contre-partie de ces horaires, est enviable : entre 3 000 et 5 000 euros nets !

Dans un rapport publié en 2008, la Cour des comptes établit que le personnel manutentionnaire du port marseillais travaille deux fois moins que celui des autres grands ports européens. Et, entre 2005 et 2008, les
salaires ont augmenté de 21 % ! Le rapport fait aussi état de gratifications illégales pouvant aller jusqu’à 1 300 euros par mois ! Le plus bas salaire constaté sur le site est de 2 700 euros par mois, et on recense 132 primes en 2008, trois ans après un précédent rapport de la Cour des comptes qui en dénonçait déjà le nombre – on en comptait à l’époque « seulement » 120… Pour compléter le tableau de cette « pénibilité » des conditions de travail, 26,53 jours d’absence par manutentionnaire sont constatés en moyenne par an. Soit la bagatelle de cinq semaines de vacances supplémentaires !

S’il n’y avait que ces « privilèges »… Qu’importent les emplois perdus, les marchés abandonnés, la CGT s’arc-boute sur ses acquis. Les compagnies maritimes, elles, ne s’y trompent pas, et choisissent de faire transiter
leurs bateaux par les ports voisins de Barcelone ou Gênes… En 2009, le trafic dans le port de Marseille atteint péniblement le chiffre de 83 millions de tonnes, quand transitent par le port d’Anvers 158 millions de tonnes et 387 millions par celui de Rotterdam !

D’autres chiffres, plus alarmants encore : le trafic de conteneurs est à Marseille 27 fois inférieur à celui de Singapour. Pour trois conteneurs déchargés à Marseille, huit sont débarqués à Shanghai ! En 1985, le grand port de Marseille occupait la 24e place mondiale pour le trafic conteneurs, la 6e place européenne et la 1ere en Méditerranée. Il pointe aujourd’hui respectivement aux 84e, 20e et 11e rangs ! Car quand la CGT cesse le travail, l’économie, elle, ne s’arrête pas : pour 90 jours de grève, en 2008, 100 000 conteneurs sont partis à
la concurrence…

Dans un contexte d’accroissement constant du trafic de conteneurs, celui du port de Marseille a été multiplié par deux alors qu’il l’a été par six à Gênes et Barcelone dans le même temps. Les porte-conteneurs enregistrent
un « taux de rendement » de 320 mouvements par heure à Hong-Kong, contre – seulement – 50 à Marseille. Conséquence de la grève : la mise en péril de l’économie d’une région, et donc de l’emploi de milliers d’autres salariés… La CGT est même allée jusqu’à organiser un blocus pour immobiliser des cargos au large de Marseille…

Non contente de grever l’emploi dans la région et d’abuser de ses privilèges, la CGT met en difficulté plusieurs PME qui gravitent autour de la filière maritime marseillaise… De même, les cégétistes voient d’un mauvais œil l’arrivée sur le port de main d’œuvre étrangère (notamment polonaise) qui menace leur pré-carré. La CGT refuse à ces travailleurs l’accès aux toilettes et fait construire des vestiaires et des sanitaires réservés aux ouvriers étrangers !

En 2009, les actions répétées du syndicat ont saboté l’UNM (Union Navale de Marseille), le dernier chantier de réparation navale lourde sur la façade méditerranéenne française et ont entraîné la fermeture de l’entreprise. Profitant d’un ultime comité d’entreprise, les cégétistes prennent alors à parti la directrice générale, Ingrid Sanchez, la traitent de « fille de p… », la menacent de mort, lui crachent dessus… Bilan de la fermeture de
l’UNM : un manque à gagner de 50 M€ pour le port marseillais

La même année, une attaque commando de salariés de l’UNM vise le siège de la direction. Le directeur général adjoint reçoit au visage des jets de sardines et d’oursins, les bureaux sont saccagés… Un autre « commando » fait sauter les bouchons situés sous la quille d’un navire du port. Le bateau est mis hors d’usage. Et l’on découvrira des cocktails Molotov cachés sur le site…

La CGT marseillaise, c’est une méthode, celle de l’engluement des conflits sociaux, assortie de violences, et un double abandon : celui des salariés, qui voient le port perdre année après année son activité, sa rentabilité et son attractivité – avec autant d’emplois perdus ; celui des compagnies maritimes, qui choisissent des cieux plus sécurisés pour faire transiter leurs marchandises. Le premier port français se voit ainsi ridiculisé par une armada de syndicalistes plus soucieux de préserver leurs avantages que l’intérêt général ! En témoigne cette analyse du sénateur UMP de Marseille Bruno Gilles : « Nous sommes confrontés à une CGT jusqu’au-boutiste. Comment voulez vous que nos entreprises tiennent ? Ils sont en train de tuer l’économie locale. » Même son de cloche du côté de Roland Blum, premier adjoint au maire de Marseille : « Pour moi la CGT c’est le cancer qui tue progressivement le port de Marseille. (…) On ne peut pas accepter que du personnel portuaire continue à perturber ainsi l’activité économique de la deuxième ville de France. »

Mais cette critique prend un tour nouveau lorsqu’elle sort de la bouche d’un syndicaliste : le leader de la CFDT François Chérèque a lui-même accusé la CGT d’être sectaire et contre-productive dans le dossier du port de Marseille : « Au moment où il faut faire évoluer, vous avez un corporatisme qui met en difficulté les bassins
économiques, lançait-il comme un avertissement. Le système syndical n’est pas tout à fait démocratique dans les ports. Depuis la Libération, nous sommes dans un syndicalisme unique, où ce sont les syndicats qui font l’embauche, à savoir la CGT. » Si même Chérèque le dit…

Antoine Renaud

Source:

Dossiers du Contribuable n°10 «Enquête sur la CGT», décembre 2012 – 68 pages, 4,50 €.

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Publié par Rédaction le 10/01/13

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  • Par jean charles, le 11/01/2013

    Sans parler des grèves dures et à répétition…….
    Il y a quelques années (mais cela a-t-il cessé maintenant ?) certains médias avaient dévoilé le fait que fréquemment des camions entiers (containers) de marchandises étaient détournés et quittaient le port pour une destination inconnue. Si quelqu’un lit cela et s’en souvient qu’il le rappelle ici SVP. D’autre part s’agissant des bateaux faisant la lisaison France-Corse, il a été dit aussi que des détournements de marchandises destinées à la vente HT étaient courants et même volumineux. Il serait intéressant de connaître la vérité vraie. Perso, cela ne me surprendrait pas. Résultat : Les armateurs ont perdu confiance et sont partis décharger leurs bateaux dans d’autres ports. (y compris en hollande) A vérifier…..

    Par Vengeur masqué, le 11/01/2013

    Bonjour, pour certains dockers de Marseille Est
    Pressions et menaces pour les dockers qui ne sont pas partis au plan amiante.
    Pareil pour les non syndiqués.
    Quand à ceux qui sont mécontents, ils seront mis à l’écart de tous les postes de travail qui sont bien rénumérés.
    À j’oublié, pas de travail de nuit pour eux, seulement réservé aux cégétistes.

    Par jean charles, le 11/01/2013

    Message à l’adresse du modérateur : Dommage, je vois qu’en une journée entière nous ne sommes que deux à avoir réagi à cet article. S’agissant de ce que je rappelle, il aurait été intéressant que quelqu’un confirme (ou infirme) mes allégations. Vraiment dommage car ce problème est extrèmement grave puisqu’il s’agit de la vie d’un port et par conséquent de la vie de la deuxième ville de France !!!! Donc connaître la vérité est extrèmement important à mes yeux…Salut à vous..

    Par dan, le 12/01/2013

    Dans les années 50-60, la CGT coulait déjà beaucoup d’entreprises. Et ça continue.

    Par Nico, le 12/01/2013

    Il y a des années qu’on sait tout ça et que les politiques laissent faire par manque de courage. Ils sont aussi responsables.
    Jetez à la mer cette bande de voyous que sont les dockers.
    CGT = Cancer Généralisé du Travail disait Coluche.
    Ça n’à jamais été aussi vrai qu’à Marseille.
    Et 20 ans après l’humoriste c’est l’adjoint au maire qui parle de cancer.
    C’est une honte de laisser faire ça.

    Par richard C., le 12/01/2013

    Depuis soixante ans au moins les activités mafieuses de la CGT marseillaise reviennent en boucle. La défunte CGT (Compagnie Générale Transatlantique) en avait fait les frais. Avec le lâchage de France, ceci a contribué à sa disparition!

    Par occasionnel bassin est, le 14/01/2013

    l’arcticle est pourri! les dockers ne sont pas des grutiers, les dockers travaillent 36h par semaine dans des conditions extrèmes et sont payés par des patrons (privés). Ils sont jalousés par des bandes de pleurnicheurs qui trouvent normal que certains dans notre pays (gouvernement, députés, acteurs, footballeurs…) gagnent des milliers voir des millions d’euros et ont des pass droits sur le dos des travailleurs sans vraiment travailler. Des dockers sont morts de l’amiante, certains amputés ou décédés au travail, l’éspérance de vie est réduite de 7 ans…

    Par domino, le 14/01/2013

    « Les marins CGT de deux compagnies maritimes, la Société Nationale Corse-Méditerranée (SNCM) et la Méridionale (ex-CMN) ont entamé lundi leur sixième jour de grève, a-t-on appris lundi de source syndicale. ILS ont voté dimanche à l’unanimité la reconduite du mouvement. Neuf navires sont toujours à quai à Marseille et en Corse. »(07/05/2012)
    -Corsica-Ferries, la compagnie italienne, leur dit, MERCI !!
    -La C.G.T. coule le port de Marseille, le port de Barcelone, Genes, leur dit, MERCI !!!!
    -Pour la réparation de gros Bateaux, Yachts , les ports de Rotterdam ,Anvers, Hambourg, leur disent MERCI !!!

    -Les chantiers de la SEYNE S/mer, en faillite, fermés (1988), NON, on ne vous dit pas MERCI !!!
    -Les chantiers de La CIOTAT , en faillite, fermés (1991), NON, on ne vous dit pas MERCI !!!
    -Les chantiers de PORT-de-BOUC, en faillite, fermés (1966), NON, on ne vous dit pas MERCI !!!

    Par Vengeur masqué, le 14/01/2013

    @occasionnel bassin est,
    36 h par semaine, faudra revoir la copie.

    Bonsoir,
    Car 6 jours à 7 h chez » intramar sa « cela fait 42h plus 1 h de dérogation par jour pour les agents de maîtrise cela fait 48h, sans compter les jours ou il y a 1h supplémentaire pour terminaison  » cale , pont ou navire  »
    Comme on ne doit pas dépasser 420h sur 12 semaines; de temps en temps 1 jour de repos modulation appelé : »RMO » qui seulement sera fixé la veille.
    Ce jour la, bien sur, ne sera pas rénuméré.

    Par Lavague, le 15/01/2013

    … et maintenant qui a coulé le France ? Réponse : la Compagnie Générale Transatlantique. Facilement vérifiable.
    P.S. Eh oui, il y a CGT et CGT.

    Par Vengeur masqué, le 20/05/2013

    Bonsoir
    Et oui, c’est la cgt qui décide qui évolue de catégorie dans les entreprises de manutention.
    Ici les incompétents peuvent avoir des postes à responsabilités.
    C’est l’ancienneté qui prime; sauf pour les non syndiqués, qui eux sont mis de côté.
    Et les dirigeants eux se plient à leurs doléance pour ne pas avoir de conflit.
    Constats: la cgt règne en maître; surtout sur le port de marseille est.

    Par Pépé, le 16/08/2013

    Bonjour,
    Je me permets de reprendre cette discussion car je suis femme de docker donc je pense être bien placer pour parler de ses allégations
    Certes un docker gagne bien sa vie mais nous sommes loin des 5000€ même très loin je pense que vous confonder docker et contremaître .
    Ensuite il ne fait pas confondre la lutte des marins qui ont bloquer a maintes reprises le port autonome de Marseille entraînant les dockers qui ne pouvait plus travailler
    Mais de la de les traiter de voyous !!!!
    Il faut rappelé que s est une profession a risque et que nous sommes en août 2013 et depuis le début d année 3 dockers sont décédés d accident sur le port
    Peut être cela arrive t il a une personne derrière son bureau
    Blessée avec son stylo?
    Je m indigne de la haine qui se propage contre eux
    Je pense que la population est très mal informer et les 1 et coupable sont les médias d ailleurs l article au dessus est un résidu de mensonges
    Merci d avoir pris le temps de me lire
    Une femme de docker qui tremble chaque fois que son mari part au travail

    Par FemmedeockerLAWL, le 01/08/2014

    Hey femme de docker, arrête d’essayer de nous faire pleurer, le jour où ton mari ne touchera plus ses 2k€ nets par mois, tu comprendras que quasiment personne ne touche 2k€ nets par mois.

    Tu need pml prendre une fDEUX2DEUXe sur le ULC

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