Le 30/04/2013

Marseille, capitale européenne de la dépense publique

L’événement Marseille-Provence 2013, censé faire fructifier la désignation de la cité phocéenne comme « capitale européenne de la Culture », présente une note – salée – aux contribuables. Un concert du célèbre DJ français David Guetta au parc Borely, à Marseille ? Sur le papier, l’idée pouvait paraître séduisante. Mais elle n’était pas du goût […]

L’événement Marseille-Provence 2013, censé faire fructifier la désignation de la cité phocéenne comme « capitale européenne de la Culture », présente une note – salée – aux contribuables.

Marseille, capitale européenne de la dépense publiqueUn concert du célèbre DJ français David Guetta au parc Borely, à Marseille ? Sur le papier, l’idée pouvait paraître séduisante. Mais elle n’était pas du goût des contribuables marseillais. Réunis sous la bannière du « commando anti 23 juin » (la date prévue pour l’événement), 30 000 contribuables en colère contestent le de cette manifestation. Une pétition avait recueilli plus de 68 000 signatures, début mars pour faire annuler « cette subvention absurde » allouée par la Ville de Marseille. En effet, dans un compte-rendu du conseil municipal, la Ville de Marseille a montré qu’elle ne lésinait pas sur les moyens… de ses administrés : « En contrepartie (de l’apport de notoriété suscité par l’événement) la Ville de Marseille versera à la Société Adam Concerts [organisatrice de l’événement, ndlr] une participation financière de 400 000 euros en deux versements. » 400 000 euros donc, pour un concert de deux heures où l’ « artiste » toucherait plus de 100 000 euros pour une heure de musique électronique. Le reste de l’argent devant servir à financer un autre concert, toujours pas programmé, du chanteur américano-libanais Mika… Mais la mobilisation des contribuables a fini par payer. David Guetta ayant eu vent de l’agitation populaire, il a demandé dans un communiqué daté du 14 mars l’annulation du concert, « refusant d’être mêlé à un débat politique, et avant tout préoccupé que certains Marseillais se sentent lésés par une subvention qui ne le concernait pas. » ( voir Subvention Guetta annulée)

Créé par l’inévitable Jack Lang, le concept de capitale européenne de la culture est censé apporter une notoriété à la ville désignée. A Marseille, les plus farouches zélateurs du projet estiment qu’il rapportera 6 euros pour 1 euro investi. Pour l’instant, seules les dépenses, colossales, sont connues. Le cas du concert annulé de David Guetta est, à cet égard, un formidable contre-exemple, financé par la Ville et non par Marseille-Provence 2013.

Ces « jeux olympiques de la Culture » vont faire doubler le niveau de contribution des contribuables (qui vont participer au financement européen et municipal du projet) pour l’année 2013. Les « efforts » de l’Union européenne et de la Ville retombent sur leurs administrés, et les organisateurs s’en félicitent…

Pas moins de 900 manifestations culturelles seront organisées tout au long de l’année. Le tout pour un budget total de près de 700 millions d’euros, dont 600 millions d’euros d’argent public ! La seule programmation culturelle représente un budget total de près de 92 millions d’euros dont l’effort revient aux collectivités. La Ville de Marseille prend à sa charge 22 % de ce montant global, l’Etat et l’Europe 15 %, la Région PACA 12,5 %. Et seuls 15 millions d’euros sont assurés par du mécénat d’entreprises privées, pour une opération dont la rentabilité n’est même pas assurée ! Mais Marseille-Provence 2013 a vu les choses en grand. Une quarantaine de manifestations internationales vont avoir lieu, des nouveaux musées sont inaugurés, la cité phocéenne est l’objet de rénovations spectaculaires, dont celle du Vieux port, par les soins de l’architecte Norman Foster. Sont aussi organisées des expositions et quelques événements d’« envergure » : le jour de l’inauguration, la ville a été plongée dans le noir avant que l’éclairage public ne soit rallumé et que des « anges » ne jettent des plumes du haut d’une grue…

Marseille pointe déjà fièrement à la 2ème place du classement des villes de France de plus de 100 000 habitants les plus endettées par habitant. Sa dette totale atteint le record de 1,8 milliard d’euros, soit 2 103 euros par habitant. Le tout s’explique par une gestion dispendieuse : l’exemple du Stade vélodrome, qui accueille les matches de l’Olympique de Marseille, est révélateur. Engagée dans des travaux de rénovation du stade depuis 2011, pour accueillir l’Euro 2016 de football, la mairie y a consacré un budget de 273 millions d’euros, payé par les collectivités. Ville, Etat, région, et département ont déjà mis 160 millions d’euros sur la table. Pour le reste, un prêt avec intérêts a été contracté par la municipalité, qui devra rembourser à son créancier, la société Arema, pas moins de 11,5 millions d’euros par an pendant 31 ans ! Soit 356,5 millions en plus de la mise de départ… et ce malgré l’ endettement de la ville de Marseille et la proposition de l’OM de prendre en charge le projet pour devenir propriétaire de son stade… Belle
bouillabaisse !

Antoine Renaud

source: Les Dossiers du Contribuable n°12Réquisitoire contre les dépenses inutiles des maires”, avril-mai 2013, 68 pages – 4,50 €.

Ces dossiers sont consacrés aux gaspillages de l’argent public dans les villes et les intercommunalités.

Pour trouver ce numéro en kiosque : www.trouverlapresse.com ou le commander en ligne  : www.contribuables.org

Publié par Rédaction le 30/04/13

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