Le 18/10/2013

Les magouilles des Balkany pour échapper à l’ ISF

« Je ne possède rien« , clame au Canard enchainé Patrick Balkany, député-maire de Levallois ( Hauts-de-Seine), tout en se prélassant dans ses 3 palais de Marrakech, des Antilles et de Giverny… La famille Balkany, qui déclarait au « Point » en 2008 ne pas être assujettie à l’ ISF, pleure toujours misère ou presque. « Je n’ai pas d’avoirs […]

« Je ne possède rien« , clame au Canard enchainé Patrick Balkany, député-maire de Levallois ( Hauts-de-Seine), tout en se prélassant dans ses 3 palais de Marrakech, des Antilles et de Giverny…

Les magouilles des Balkany pour échapper à l' ISFLa famille Balkany, qui déclarait au « Point » en 2008 ne pas être assujettie à l’ , pleure toujours misère ou presque. « Je n’ai pas d’avoirs à l’étranger. Je ne suis propriétaire de rien« , assure Patrick Balkany au Canard enchainé. Cet accès de paupérisme n’empêche pas les Balkany d’entretenir pas moins de 3 somptueuses demeures à travers le monde. Et ce grâce à d’étonnants montages financiers.

Depuis quelques années, le couple Balkany passe ainsi une partie de ses loisirs dans le palais Dar Gyucy de Marrakech, où il reçoit, à l’occasion, son grand ami Nicolas Sarkoy. Située dans le « triangle d’or » de la palmeraie de la  ville, cette masure d’environ 1200 m² habitables est agrémentée de près de 2 hectares de parc et d’une vaste piscine. A peine de quoi jouer à cache-cache pour occuper les longues soirées d’hiver…

Pour meubler ce nid discret, les Balkany ont fait appel aux designers bling-bling Laurent et Patsy Taïeb, fondateurs de la boutique parisienne Bertrand Prestige et fournisseurs attitrés de quelques émirs et présidents africains. En mars, le magasin a ainsi fait livrer « 1000 kilos » de meubles à Marrakech.

L’acquisition de ce palais remonte à 2008. Il avait été mis en vente par l’agence Kensington de Marrakech, affilié à Christie’s et spécialisée dans l’ immobilier de grand luxe. Après une visite des lieux par des Balkany sous le charme, la transaction avait été conclue, moyennant 5 millions d’euros. Commission comprise.

Mais, sur le papier, les Balkany ne sont ni propriétaires ni locataires de ce gourbi des « Mille et Une Nuits« . A en croire le maire de Levallois, son Sam’suffit serait loué par son demi-frère, Julien résident fiscal aux USA et patron de la Nanes Balkany Partners, une boîte spécialisée dans le pétrole et le gaz de schiste.

Mais alors qui est le proprio ? Le cadastre marocain indique le nom d’une société locale, Dar Guycy, elle même contrôlée par une deuxième société, panaméenne celle-là: Hayridge Investments n’est que l’émanation de deux autres sociétés de Panama, dont les actionnaires se perdent dans la brume des tropiques…

Le couple Balkany, dont les seuls revenus connus sont les indemnités d’élus de monsieur et de madame (soit un total de 12 500 euros bruts par mois), dispose d’une autre résidence, dans la partie française de l’île antillaise de Saint-Martin. Ce gentil pied-à-terre de 500 m² habitables est situé dans un lotissement où la taille minimale des parcelles a été fixée à 1 hectare.

Une fois encore, la trace du proprio s’égare dans les paradis fiscaux. En juin 2001, déjà, le rapport d’un commandant de police, transmis à une magistrate qui enquêtait sur l’affaire des HLM, affirmait que la bicoque appartenait à Real Estate Frech West Indies Establishment. Une officine domiciliée au Liechtenstein dont le capital semblait aussi transparent qu’un compte numéroté. Mais le policier n’avait aucun doute sur l’identité  de l’actionnaire de l’entreprise, au point de qualifier Patrick Balkany de « propriétaire réel de la villa ». Ce que l’intéressé dément. Sûrement par humilité…

En métropole, « les Thénardiers des Hauts-de-Seine » (comme les ont surnommés d’affectueux camarades de l’UMP) se sont également déniché un petit chez-soi. En l’occurrence un domaine de 4 hectares situé à Giverny (Orne), le village du peintre Claude Monet. Les Balkany y disposent d’un ancien moulin, fastueusement restauré, au bord du bien nommé ruisseau Aunette, de 2 autres bâtiments d’habitation, d’un court de tennis, d’un pool house, de deux piscines (dont l’une couverte), d’un hammam, d’un bar et d’une salle de gym. Le minimum vital.

Pour aménager ce coin de verdure, le couple Balkany n’a pas hésité, au cours des années 80 – à déplacer en douce une voie communale qui avait le mauvais goût de traverser leurs terres. Enfin, histoire de ne pas se sentir trop dépaysés, les occupants ont commandé, pour décorer les allées de leur parc, les mêmes colonnes en granit et les mêmes lampadaires que ceux utilisés dans les rues de Levallois. Le mal du pays ?

C’est en 1982 que le couple a acheté cette cahute alors en ruine. Mais, depuis, il ne possède plus rien. Les généreux parents ont décidé d’en offrir la nue-propriété à leurs enfants, Vanessa et Alexandre, tout en restant les usufruitiers. Une astuce qui permet d’échapper, une fois de plus, à l’ISF. Encore un petit effort  et les Balkany pourront prétendre au RSA…

Maj 23/10/2013 : le canard enchainé a écrit à tort qu’il avait suffi aux Balkany d’offrir à leurs enfants la nue-propriété de leur domaine de Giverny pour ne pas avoir à déclarer ce bien dans leur patrimoine. La loi prévoit, au contraire, que ce sont les usufruitiers – en l’occurrence le couple Balkany – qui sont seuls redevables de l’ ISF. Mais « les Thénardiers des Hauts-de-Seine » ne paient pas cet impôt. Ils ont déniché une autre ficelle en or ( voir Les Balkany contribuables fantômes et électeurs fictifs).

Article extrait du Canard enchaîné du  16/10/13

Publié par Rédaction le 18/10/13

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Par Ulysse, le 18/10/2013

La dernière phrase jette un discredit sur tout le reste de l’article.
N’importe qui, qui s’interesse un peu à la chose fiscale, sait que l’usufruitier d’un bien est celui qui est redevable l’ISF et non pas le nu-propriétaire.
Toujours le même « à peu près » journalistique!

Par prb, le 19/10/2013

Très intéressant article, mais il y a au moins une erreur à la fin. En effet c’est l’usufruitier qui est redevable de l’ISF. Par conséquent une donation de nue-propriété ne peut permettre d’échapper à cet impôt.

Par do, le 19/10/2013

Il y a une petite erreur dans votre article: offrir la nue propriété d’immeubles à ses enfants ne fait pas sortir ces immeubles de l’ISF. Pour qu’ils en sortent il faut donner aussi l’usufruit.

Par Rosetta Morselli, le 19/10/2013

Je crois qu’il y a bien une erreur à la fin de cet article parce que « offrir la nue-propriété à leurs enfants, Vanessa et Alexandre, tout en restant les usufruitiers » ne permet pas du tout « d’échapper, une fois de plus, à l’ISF », car c’est l’usufruitier et non le nu-propriétaire qui doit déclarer le bien e payer l’ISF!
Je ne soutiens pas du tout le couple Balkany qui dans le passé déjà s’était fait remarquer pour avoir fait payer par les contribuables les frais relatifs à leur maison. Mais de graves imprécisions comme celle relatée même dans le titre nuisent à la force de l’article du Canard et risquent de faire douter du reste…

Par Gef, le 20/10/2013

Pas si simple, normalement c est l usufruitier qui paie l’isf.

Le montage est plus complexe et/ou l’article est baclé.

Si le reste est aussi précis, à part se mettre les jaloux de son côté, on aurait préféré connaître le nom de son conseiller fiscal… 😉

Pan dans le bec !

  • Par martel, le 23/10/2013

    Pour ne pas payer l’ I.S.F. d’autres et non des moindres au gouvernement agissent de la même façon. Pourquoi cibler la famille Balkany, que je ne connais pas, mais qui ont tord de défendre N. Sarkozy. La famille Hollande / Treiweiller n’est pas des plus claire aussi. Mais, c’est vrai il y en a un qui est au pouvoir.

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