Le 12/06/2014

Le vrai coût des partis politiques

Dépenses de communication pharaoniques, sièges sociaux dans les beaux quartiers, les partis politiques français dépensent l’argent public sans compter.

Dépenses de communication pharaoniques, sièges sociaux dans les beaux quartiers, frais de déplacement à gogo, les partis  politiques français dépensent l’argent public sans compter : de toutes façons, c’est le contribuable qui régale.

Le vrai coût des partis politiques

Coût des sièges des

La mixité sociale ? Pour les autres ! Toujours prompt à vanter les mérites d’une coexistence entre Robert, Mouloud et Mamadou, le PS se garde bien de respecter cette morale civique. C’est dans un splendide hôtel de la rue de Solferino (VIIe  arrondissement), dans les quartiers chics de Paris, que trônent les socialistes. En 2008, Ségolène Royal s’était prononcée pour la vente de ce bâtiment racheté à la mutuelle retraite de la fonction publique pour 2,59 millions d’euros – un prix d’ami – dans les années 80 et aujourd’hui estimé à près de 40 millions. Mais la gauche caviar a finalement préféré rester dans ce quartier où le prix du m² peut dépasser les 15 000 euros.

De son côté, l’UMP a choisi la rue de Vaugirard, dans le XVe  arrondissement, où, depuis 2011, elle détient 5 000 m² répartis sur cinq niveaux. Acheté 19 millions d’euros, cet ancien garage a été réhabilité à prix d’or ( 21 millions d’euros) par un cabinet d’architecte qui lui a donné l’allure d’un gigantesque loft. L’opération immobilière a été en partie financée par un emprunt de 32 millions d’euros courant sur 10 ans.

Malgré leur amour de la chlorophylle, les Verts d’EELV  ont installé leur siège dans un quartier qui fleure bon le bitume : le Xe arrondissement de Paris où le prix au m² tourne autour de 7 500 euros. Ils y détiennent une ancienne chocolaterie acquise en 2003 pour 1,5 million d’euros. A en croire l’émission « Cash Investigation », les écolos auraient bénéficié d’un apport illégal de 75 000 euros pour acheter cet immeuble, via un détournement de fonds publics obtenu en surfacturant la formation professionnelle de leurs élus.

Les dépenses des partis politiques

Mais les partis politiques dépensent plus qu’ils ne gagnent ( voir Les dettes des partis politiques). Comment font-ils pour dépenser plus qu’ils ne touchent ?

La Commission nationale des comptes de campagne donne la clé de l’énigme en publiant leurs comptes certifiés au JO avec deux ans de décalage. En 2012, les Verts, par exemple, ont dépensé près de 370 000 euros en propagande  et communication, environ 750 000 euros de charges externes liées aux « frais de voyages et déplacement », sans oublier 2,7 millions pour ses permanents, dont une vingtaine au siège.

Au PS, on relève notamment des charges de personnel de 21,3 millions d’euros pour 2012. Certains membres du cabinet du Premier secrétaire gagneraient près de 6 000 euros par mois. En 2012, selon Le Parisien, les 250 employés du PS ont reçu une « prime de victoire » de l’ordre de 800 euros. A ces dépenses généreuses de personnel viennent notamment s’ajouter des frais de propagande  et de communication ( 5,5 millions d’euros) ou encore de déplacement ( plus de 3 millions d’euros).

Les dépenses de communication de l’ UMP creusent quant à elles un gouffre sans fond. Elles sont passées d’un peu moins de 6,4 millions en 2002 à 33 millions d’euros en 2012, année présidentielle,  il est vrai. Avec un budget de 11,8 millions d’euros, les charges de personnel constituent une autre source conséquente de dépenses, bien que les postes équivalents temps plein soient passés de 145 à moins de 100, après le revers de 2012. Pour la petite histoire, on se souviendra que Copé avait décidé d’offrir un 13e mois aux permanents de son parti, un an avant la défaite.

Parmi les grosses dépenses de l’UMP, on note aussi des frais de déplacement qui ont grimpé de 1,8 million en 2002 à 9,7 millions  d’euros en 2012, soit le triple de ceux du parti de Cambadélis ! L’UMP a commencé à serrer les boulons en 2013, année où, selon Copé, le parti aurait remboursé des dizaines de millions de ( voir Les dettes des partis politiques). De quoi ramener le montant cumulé de celles-ci à… environ 72 millions d’euros. On respire toute de suite mieux !

Article extrait de « L’argent des partis politiques ». Les Enquêtes du contribuable n°5, juin/juillet 2014 – 3,50 euros. En kiosque le lundi 02 juin. A commander en ligne sur www.contribuables.org/boutique.

Publié par Rédaction le 12/06/14

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