Le 31/07/2014

Le scandale des énergies renouvelables

La transition énergétique va coûter des dizaines de milliards d’euros aux contribuables à travers les impôts ou de nouvelles hausses tarifaires.

Budgétivore, la transition énergétique va coûter des dizaines de milliards d’euros aux contribuables à travers les impôts ou de nouvelles hausses tarifaires.

Le scandale des énergies renouvelables

Tout le monde freine, la France accélère. Effrayée par le coût de la transition énergétique, l’Allemagne va supprimer les prix d’achat du kilowatt-heure garanti par l’Etat pour ménager le pouvoir d’achat des consommateurs. L’Espagne fait le même choix et le Royaume-Uni s’apprête à construire de quatre à six réacteurs nucléaires.

De son côté, la France fait le chemin inverse. « La loi de transition énergétique doit immédiatement plafonner la durée de vie des réacteurs à 40 ans (…). Cela permettra de faire un effort massif pour le développement des énergies renouvelables », a déclaré Ségolène Royal en anticipant sur le futur débat parlementaire. Le fantasme d’énergies renouvelables supprimant les émissions de CO2, réduisant le déficit de la balance commerciale et asséchant la production de déchets nucléaires a déjà coûté cher aux contribuables tricolores. Selon un rapport de la Cour des comptes publié en 2014, le surcoût dû au renouvelable atteindra 70 milliards d’euros pour la période 2005 à 2020. D’après l’IFRAP, un institut de réflexion libéral, les subventions versées à la filière ont déjà accru les coûts de l’énergie de 17 % pour les consommateurs européens et de 21 % pour les industriels.

Les usagers financent déjà une bonne partie de ce gaspillage d’argent public à travers la contribution au service public de l’électricité ( CSPE) dont le montant dépasse dorénavant 5 milliards par an. Surtout destinée au développement des énergies renouvelables, la CSPE est perçue sur la facture d’électricité. La CSPE représentait 13 % de la note acquittée par les abonnés d’EDF en 2013. Ce « quasi-impôt » va continuer à grimper sans contrôle puisque son niveau n’est pas soumis à l’approbation du Parlement. Créée par le gouvernement Raffarin (2003), la CSPE dédommage EDF pour son soutien au développement des énergies vertes. L’opérateur achète l’électricité fournie par le solaire et l’éolien à un tarif plus élevé que celui auquel elle sera revendue. Aux Français de payer la différence.

Selon les chiffres fournis par la Cour des comptes, cet écart est substantiel : alors que la production d’un mégawatt-heure (MWh) d’origine nucléaire revient à 60 euros, celle des énergies renouvelables peut atteindre 547 euros pour le solaire thermique, 241 euros pour la méthanisation et 102 euros pour l’éolien terrestre. Le coût de l’éolien off-shore en faveur duquel Ségolène Royal vient de s’engager est 2 fois plus élevé que celui de l’éolien terrestre et 4 fois plus cher que celui de la production d’EDF !

Interviewé par le site Atlantico en juin dernier, Rémy Prud’homme, professeur émérite à l’Université de Paris XII, estime le surcoût lié à la substitution entre énergies vertes et énergies traditionnelles à 15 milliards d’euros par an avec un taux de substitution de 30 %. Et à 20 milliards d’euros s’il monte à 40 %. Ce malus énergétique, épongé via l’impôt ou la hausse des tarifs de l’électricité, « diminuera le niveau de vie des Français de 15 ou 20 milliards chaque année, ce qui représente une baisse de niveau de vie de 1,5 à 2 % », annonce-t-il.

Pour minimiser cette perspective, les écolos affirment que les énergies renouvelables deviendront plus compétitives que le nucléaire entre 2015 et 2020. Motif : les 55 milliards d’euros qu’EDF va investir pour prolonger la vie de ses réacteurs nucléaires au-delà de 40 ans porteront le coût de production à 133 euros. Biaisée, car elle multiplie par 4 le coût de rénovation des réacteurs par rapport aux estimations d’EDF, l’argumentation des écolos ne dit qu’une partie de la vérité. Elle passe notamment sous silence le fait que le MWh nucléaire est produit de manière fiable et constante. Rien à voir avec les énergies renouvelables dont le temps de fonctionnement est aléatoire, 24 % en moyenne avec l’éolien. Pour pallier les trous de production, il faut donc prévoir des moyens de substitution, dont des centrales thermiques, polluantes, et déployer des milliers de kilomètres de réseaux électriques soutenus par des pylônes à haute tension qui défigurent le paysage.

A ces coûts directs s’ajoutent les milliards d’argent public dépensés pour soutenir la mafia verte qui milite pour la transition énergétique. Distribuées par l’Etat et les collectivités locales, ces subventions gavent des entreprises opportunistes. Au fil du temps, la production d’électricité renouvelable est devenue un fromage attirant particuliers et investisseurs professionnels.

En 2011, la Cour des comptes a épinglé l’effet d’aubaine du photovoltaïque qui, malgré des surcoûts importants pour la collectivité, ne représente que 0,8 % de la production d’électricité. La Cour répertoriait différents types de fraudes, dont celles de prétendus bâtiments agricoles « surdimensionnés » par rapport aux besoins des exploitations et produisant une énergie verte revendue avec profit à EDF par des agriculteurs bien conseillés. Les tombereaux d’argent public enfournés dans ce secteur l’ont été pour rien. Les promesses des écolos ne vont pas de paire avec les performances économiques tant le temps de fonctionnement des panneaux est faible. De 12 à 20 % avec des cellules monocristallines, les plus chères du marché et 6 % dans la plupart des cas. Pour le moment, impossible de produire des panneaux délivrant un rendement convenable.

L’Allemagne en a pris conscience. La capacité installée outre-Rhin cette année devrait reculer de 3,8 (2013) à 3,7 gigawatts, du fait de la réduction des subventions accordées au photovoltaïque. En France, la filière a perdu 14 500 emplois entre 2010 et 2012, estime l’Agence de l’. Après avoir dilapidé des centaines de millions d’euros de subventions en obligeant EDF à acheter la production de milliers de particuliers, l’Etat s’est finalement décidé à supprimer le crédit d’impôt lié à ces installations en 2014. Malgré cela, le marché devrait progresser de 0,8 % d’ici à la fin de l’année, ce qui contraindra EDF à acheter des MWh supplémentaires avec effet inflationniste garanti sur la CSPE.

Certains industriels proches des milieux écolos ont su profiter de l’aide des pouvoirs publics pour transformer l’énergie verte en papier monnaie. Parmi eux, on peut citer La Compagnie du Vent, une société valorisée à 750 millions et aujourd’hui détenue en majorité par GDF Suez.

A plus grande échelle, la généralisation des énergies renouvelables fait aussi la fortune des fabricants d’éoliennes, et de câbles électriques, pour la plupart étrangers. Plus de 20 000 km seront installés d’ici 2020 en Europe, ce qui laissera notamment une facture de 5,5 milliards d’euros à la charge des contribuables, estime la Cour des comptes. A ce rythme, les générations montantes ne tarderont pas à comprendre que la fée électricité s’est transformée en sorcière chlorophyllée !

Article extrait de L’écologie, oui! Les écolos, non! – Les enquêtes du contribuables

« L’écologie, oui ! Les écolos, non ! ». Les Enquêtes du contribuable n°6, août/ septembre 2014 – 3,50 euros. En kiosque le mardi 15 juillet. A commander en ligne sur www.contribuables.org/boutique.

Publié par Rédaction le 31/07/14

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Par Bianco André, le 01/08/2014

honteux !

Par pat, le 01/08/2014

et pendant ce temps nos campagnes et nos monuments classés MH sont saccagés

Par Fafraurof, le 01/08/2014

Vous êtes bien les seuls à connaitre le prix du MWh nucléaire. Même la cour des comptes n’y est pas arrivée!
L’industrie nucléaire, combien a t-elle coûté au contribuable?
A combien estimez-vous le traitement des déchets?
A combien estimez-vous le démantèlement des centrales?
Le coût d’un accident dans l’Hexagone, comme celui de Fukushima serait de 760 milliards d’euros, voire, dans les conditions les plus défavorables, atteindre 5 800 milliards d’euros, selon l’IRSN.
Qui paiera?

Par LANDREAU, le 01/08/2014

Derrière de grands mots se cachent toujours une anguille qui frétille. On en fait tout un plat et puis …catastrophe. On s’aperçoit que le coup n’est pas rentable, qu’il y a des erreurs d’appréciations, bref, un coup pour rien.

Par jipebe29, le 01/08/2014

Voici un petit document sur les EnR: http://dropcanvas.com/#SAn7p952RfNrCE

Vous y trouverez nombre d’informations qui sont soigneusement cachées par la propagande des khmers verts, avec le soutien moutonnier et imbécile de nos médias.

Par Stéphane Lhomme, le 01/08/2014

Il est amusant que les courageux défenseurs des contribuables offrent en exemple le projet d’EDF de faire des réacteurs nucléaires en Grande-Bretagne. En effet, ce projet (qui a de fait toutes les chances de ne jamais voir le jour) est basé sur des subventions massives offrant à EDF une garantie de prix sur… 35 ans ! Cela signifie que, pendant toutes ces années, toutes les pertes d’EDF seraient comblées par l’argent public.

Comme justement signalé par la BBC (cf http://www.bbc.com/news/uk-politics-27291087 ) et de nombreux autres médias britanniques (pas les français !), ce projet a toutes les chances d’être cassé par Bruxelles. Pour une fois, la « concurrence libre et non faussée » aura du bon : il est en effet injustifiable de rendre « rentable », à coup de milliards d’argent public, un projet industriel ultra-déficitaire.

Contribuables de tous les pays, unissez-vous (contre le nucléaire) !

Par BLANC, le 01/08/2014

Rien de comparable avec l’impasse du nucléaire. Qui en plus nous garantie de nombreux morts à petit feu via les cancers et autres maladies du même type.

Par Maurice, le 02/08/2014

N’oublions pas que les consommateurs allemands regrettent qu’il n’y ait plus électricité nucléaire, le prix de l’électricité à fortement augmentée du fait qu’il a fallu remettre en fonction des centrales au charbon, des villages vont disparaître pour l’extraction du charbon, car les mines sont à ciel ouvert (bonjour la poussière, mais là elle ne doit pas être nocive c’est de la bonne poussière)

Les installations d’éoliennes sont stoppées du fait du coût de raccordement, imaginons le coût pour les éoliennes en mer.
Pensons-y avant de la vouloir cette électricité soi-disant verte.
N’oublions pas dans le lot les panneaux solaires, car là aussi les fermes solaires sont arrêtées d’être construite.

Par vers de terre, le 03/08/2014

Les contribuables allemands regrettent de payer plus – (les français payent – payerons déjà les pertes-dettes d’EdF AREVA par leurs impots)
mais préfère arréter les frais avec le nucléaire … cette épée de Damoclès voulue par une poignée de banquier$ et rentier$.
Entre saccager des territoires pour des millénaires et payer le prix d’énergies moins sales,
c’est vite vu pour la population, pas pour les gens rendus fous ou corrompus par le fric et qui, malheureusement, nous dominent.

Par alain38, le 07/08/2014

Excellent article, objectif et concis, qui ouvre les yeux de ceux qui n’auraient pas encore réalisé l’impasse des subventions aux Energies Vertes. Quelques réponses aux réactions ci-dessus :

@ Falraurof : la Cour des Comptes a plusieurs fois fait la lumière sur les coûts du nucléaire. Seuls les intégristes comme Baupin se sont permis de déformer ses conclusions, ainsi que souligné dans l’article

@S. Lhomme, tellement intégriste que Sortir du Nucléaire l’a viré de l’Association ! Cela vous gêne qu’EDF fasse du business chez les anglais, en vendant des kWh nucléaires subventionnés ? Je ne vous ai pas entendu protester contre les subventions des Energies Vertes depuis 2003 ! Alors que les gains d’EDF à l’international vont profiter aux français (car cette entreprise de Service Public ne fait pas de bénéfices), les subventions aux Energies Vertes renchérissent déjà le coût du kWh de près de 15% à cause de la CSPE ! Ah, où conduit le dogme…

Par E_Libre, le 07/08/2014

Les EnR seront bientôt moins chères que les énergies fossiles ou fissiles. C’est déjà le cas en Allemagne où le prix de l’électricité « classique » est d’environ 25 c€/kWh pour un particulier (8 c€/kWh en France). Voilà pourquoi les Allemands ont mis fin aux mesures d’incitation: elles ne sont déjà plus nécessaire chez eux.
Ce serait déjà le cas en France Sud s’il n’y avait pas des contraintes réglementaires qui entraînent des surcoûts stupides.

Par E_Libre, le 07/08/2014

L’auteur écrit: « Pour le moment, impossible de produire des panneaux délivrant un rendement convenable. »
La technologie actuelle ne permet pas par principe de dépasser 30% de rendement (sauf à empiler des cellules semi-transparentes, par exemple).
Mais on s’en fout, le soleil nous fournit à peu près 10 000 fois notre consommation en énergie TOTALE. Se faire la guerre pour pomper du pétrole ou du bitume ou préserver nos mines d’uranium paraît ainsi bien crétin.

Par E_Libre, le 07/08/2014

L’auteur de l’article écrit « Pour pallier les trous de production, il faut donc prévoir des moyens de substitution, dont des centrales thermiques »
Oui, et il faut aussi mieux isoler les bâtiments, ce qui fera baisser la consommation ET donnera du travail.

Par Mercier, le 11/08/2014

Bonjour, je me permets d’intervenir pour rectifier une sipmple erreur de la part du rédacteur. Les contrats de rachat de l’électricité « éolienne » industrielle (celle que vous détestez juste parceque vos goûts estétiques et votre idée du paysage priment sur l’avenir de millier de génération), fixent un montant maximum qui est autour de 82 € par Mégawattheure. La cour des comptes a récemment établi le coût (c’est très compliqué vu la transparence AREVA – BOUYGUES – EDF) du MWh « nucléaire » entre 70€ et 90€ pour l’avenir ; et on sait que ce calcul n’inclut pas le cout d’une assurance (inexisant : c’est l’Etat qui assure le risque : ouf ! (lol)), ni le coût du démantèlement, évidemment, et encore moins le coût de développement et d’entretien du réseau que vous prenez en compte pour l’éolien et pas le nucléaire (pourquoi?).

DONC dire que « les énergies renouvelable sont un scandale » – même économique ; ce qui est vrai pour certaines d’entre elles – discrédite complétement votre propos et entache ce site d’une erreur d’appréciation due à un positionnement politico social. Pour résumer votre article, sur le point que j’évoque, est purement et simplement mensonger (ah oui, les contrat de rachat de l’électiricité photovoltaique sont montés eux autour de 2010 à 640 €uros par MW ! – autre erreur de votre part, à la baisse celle-là… on ne vous suit plus).

Pour conlcure, le débat ne doit et ne peut se tenir que sur le critère du coût finanicer. Le débat est économique bien sûr, social, écologique, et historique. Et pour tout vous dire, nous attendons que vous partiez gentillement à la retraite (que nous paierons cher) et que votre capacité d’inertie soit moindre pour que nous, génération, post-égoïsme des bobo-libéraux-après moi le déluge, puissions enfin envoyer ce message à l’avenir : nous avons compris.

Merci, au revoir.

Par Schmit Françoise, le 13/08/2014

Quel parti pris contre les énergies renouvelables!!!!! Même si elle ne se valent pas toutes en rendement et en coût c’est bien plus rentable que l’énergie nucléaire dont on ne connait pas le vrai coût .
Les citoyens qui se prennent en charge pour trouver des solutions( éolien terrestre, énercoop etc) ont bien raison…

Par Nicu, le 13/08/2014

« la production d’un mégawatt-heure (MWh) d’origine nucléaire revient à 60 euros, celle des énergies renouvelables peut atteindre 547 euros pour le solaire thermique, 241 euros pour la méthanisation et 102 euros pour l’éolien terrestre. »
Pour le nucléaire, vous êtes précis (60€) mais pour le renouvelable beaucoup moins (peut atteindre).
Le nucléaire, en prenant compte l’acheminement d’uranium et le retraitement des déchets peut atteindre 800€!
Soyez précis partout (ou nulle part)

Par Pierre, le 17/08/2014

Des écologistes d’une ignorance crasse (fafraurof, Lhomme, Blanc) se sont glissés dans ce forum. Ce sont de pareils crétins qui contribuent à couler la France!

Par vazy, le 21/08/2014

c’est du grand n’importe quoi cet article !! on ne fait pas d’omelettes sans casser des œufs; il est VITAL pour l’Homme d’arrêter la course à la production qui épuise nos ressources, privilegier le nucleaire,c’est reculer pour mieux sauter; si on avait investi dans le renouvelable il y a 25 ans, quand Royal le préconisait déjà, au lieu de se ficher d’elle en la traitant d’inspecteur des platanes, on aurait déjà fait la bascule energetique; le nucleaire ne peut pas etre la ressource prédominante car ,outre la dangerosité extrême, la présence de déchets intraitables à courts termes ,est la plus grande pollution qui soit , et qui est en train de pointer le nez; alors,vite, vite, changeons tout ça avant de ne plus pouvoir; c’est déjà très tard et donc couteux; eh bien faisons le encore plus vite; nos enfants nous en remercieront

Par marcel, le 28/08/2014

L’article omet de préciser que les opposants à l’éolien maritime sont des retraités aisés installés récemment en zone littorale ou des gens spéculant sur le foncier littoral (et parfois même des retraités aisés spéculant sur le foncier littoral !). Leur avis importe-t-il tant que ça ?

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