Le 03/03/2009

Subventions : « Les plus touchées seront les associations employeurs »

Viviane Tchernonog est l’auteur d’une étude menée à l’université Paris-Sorbonne en 1999 puis en 2005 intitulée : « Les Associations en France, poids, profils et évolutions ». Interview. La crise met-elle en péril le financement des associations ? Les associations ne peuvent pas ne pas être touchées par la crise. Les recettes fiscales et les […]

financements_pulics_subventions_associations_employeurs_etat_collectivites_territoriales_viviane_tchernonogViviane Tchernonog est l’auteur d’une étude menée à l’université Paris-Sorbonne en 1999 puis en 2005 intitulée : « Les Associations en France, poids, profils et évolutions ». Interview.

La met-elle en péril le des associations ?

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Les associations ne peuvent pas ne pas être touchées par la crise. Les recettes fiscales et les cotisations sociales baissant, les masses de financements et social vont également diminuer. Or les associations vivent pour moitié de financement public, qu’il s’agisse de subventions ou d’achats de prestations par l’Etat ou les collectivités .

Elles devront d’ailleurs faire face à la fois à une baisse des financements de leurs partenaires publics mais aussi privés. La France a beau avoir un des systèmes fiscaux les plus favorables en matière de dons et de mécénat, ces dispositions sont très récentes et on part de très bas : dons et mécénat ne représentent que 5 % du financement total. Cela dit, le paysage associatif français est très divers. Les associations vont donc être inégalement touchées par la crise.

Quelles sont les associations les plus vulnérables ?

Les plus touchées seront les associations car d’une façon générale, les emplois associatifs sont financés par la ressource publique. Mais les grandes associations, qui vivent surtout de dons privés, sont plus à l’abri, à court terme du moins. De même que les très petites associations, qui s’appuient pour l’essentiel sur du travail bénévole et comptent avant tout sur des subventions des communes.

Cependant, les ressources des collectivités locales, qui ont joué récemment un rôle d’amortisseur face à la baisse des financements de l’État, ne pourront peut-être pas assumer ce rôle cette fois car leurs ressources fiscales vont aussi baisser. Enfin, le secteur médico-social, qui dépend des organismes sociaux, devrait également être fragilisé par l’augmentation du chômage et ses conséquences sur les comptes sociaux.

Quelles sont les alternatives pour trouver de nouvelles ressources ?

Certaines associations pourraient être tentées d’augmenter leurs cotisations ou les recettes liées à leur activité, mais la baisse du pouvoir d’achat des ménages ne permettra pas de trop compter sur cette option. En outre, un certain nombre d’associations qui développent des actions de solidarité ont face à elles non pas des « usagers » mais des « bénéficiaires », qui par définition ne sont pas en mesure de participer financièrement.

Le plus probable, c’est que les associations se restructurent : disparitions, fusions, regroupements vont sans doute s’accélérer pour avoir des entités plus grandes, mieux adaptées à la nouvelle conjoncture. Mais dire qu’elles pourront complètement se passer de subventions publiques à long terme ne me semble pas tenable, ni souhaitable.

Source : Les Échos des 27 et 28 février 2009

« Les Associations en France, poids, profils et évolutions » de Viviane Tchernonog

Publié par Observateur le 3/03/09

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